Norseman 2015. Récit de course.

Et voilà c’est fait. J’ai enfin mon tee-shirt noir du Norseman Xtrem triathlon 🙂

Cette course me faisait rêver depuis 2011 (date de notre premier voyage en Norvège). Ce fut riche en émotion. Je vais essayer de vous la faire partager.

 

Avant course

Nous sommes donc arrivés le dimanche 26/07/2015 à l’aéroport d’Oslo avec Marie et mes parents. La course étant le 01/08/2015 nous avions quelques jours devant nous pour faire du tourisme. Les parents de Marie qui eux sont arrivés le 28 par bateau via la ligne Kiel (en Allemagne) Oslo. Ils ont donc pu amener toutes mes affaires de course.

Le soir (toujours mardi 28) direction Rjukan pour commencer à repérer la course à pied. La météo n’était pas très bonne, impossible de voir le sommet du mont Gaustatoppen, mais ça m’a permis de bien cerner les différentes partis du Marathon.

La course à pied commence par 25km de plat sur une route (assez facile).

Du 25ème au 32ème on attaque la montée du Gaustatoppen toujours sur la route, mais c’est très pentu. Le 32ème c’est l’endroit où le classement tee shirt noir et tee shirt blanc est effectué. Il faut passé dans les 160 premiers à cet endroit pour être tee shirt noir et ainsi pouvoir monter au sommet.

Du 32ème km au 37ème c’est moins difficile, ça monte mais il y a quelques partis en légères descentes.

Du 37ème au 42ème on quitte la route pour un petit chemin très pentu et composé essentiellement de roches.

Le lendemain (mercredi 29) repérage de la partie cycliste (180km), on peut la diviser en 3 partis. Du 1er km au 35ème une longue ascension mais pas très pentu avec plusieurs passages en tunnels. Du 35ème au 90ème le plateau d’Hardangervidda où il peut faire très froid. A partir du 90ème on enchaîne 4 ascensions et 4 descentes, les 3 premières ascensions sont plus faciles que la dernière qui est plus impressionnante. Les 3 premières descentes sont aussi assez simples (on peut rester une grande partie sur le prolongateur), la dernière est aussi un peu plus compliqué (route moins bonne).

Le soir test en combinaison dans l’eau. En effet c’est bien froid la cagoule et les chaussons ne sont vraiment pas de trop ^^. Eau à 11 degrés ce jour là.

A Eidfjord nous dormons au tricamp dans notre tente. C’est top les cuisines sont mises à dispositions. WC et douches sont propres, on peut parler avec les autres athlètes, c’est super.

Jeudi 30, visite touristique de Bergen pour penser un peu à autre chose :).

Vendredi 31 meeting de course (super d’ailleurs) et annonce de la réduction de la natation à 1.9km (contre 3.8km normalement) pour des raisons de sécurité (eau à 10.5°). Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour moi, c’est mon point fort sur ces distances… Mais heureusement celle ci est tout de même maintenu, tout comme le mythique ferry qui nous amène au départ.

 

Jour de la course

Levé samedi matin à 2h15, je n’ai pas eu besoin de mon réveil ^^. La veille d’un Ironman on dort forcément moins bien :).

Mise du vélo dans le parc à 3h15. J’ai trouvé qu’il y avait relativement peu de place entre les vélos dans le parc, ça va un peu bousculer sachant qu’il n’y a que 1.9km et que chaque athlètes est accompagné d’une autre personne pour l’aider.

Départ du ferry à 4h du matin. Ambiance forcément un peu spécial… Je retrouve assez vite d’autres Français avec qui on a pu bien parler en attendant la mise à l’eau. 4h50, les athlètes commencent à sauter à l’eau. J’attends volontairement quelques minutes pour me jeter à l’eau. Ça ne sert à rien d’attendre 10 min dans l’eau, mais il ne faut pas aussi sauter trop tard pour que le corps s’habitue un minimum au froid.

5h c’est parti le départ est donné. Je pars assez vite pour me réchauffer, je fais entièrement confiance aux personnes devant moi pour me diriger. Plus on approchait d’Eidfjord, plus l’eau était froide (un ruisseau venant directement du glacier coule dans le village). Je sors avec une belle place 21ème de l’eau. A la transition je me change complètement je me couvre bien (comme en hiver). La météo s’annonce fraîche sur le plateau.

Départ pour les 180km en vélo. Je me sent bien je double même plusieurs personnes. J’ai chaud lors du passage des tunnels et à ce moment je me suis dit que j’aurai dû partir plus léger. Une fois sur le plateau je me fais rattraper par les gros rouleurs sortis après moi de l’eau. La température baisse beaucoup jusqu’à arriver à 2° au minimum. À ce moment là je rencontre des difficultés pour m’alimenter. Le froid des bidons me font mal au ventre et je sens que je ne digère plus… Arrivé au km 80 je suis victime d’une fringale, obligé de levé pied et de m’arrêter quelques instants pour un peu mieux m’alimenter. Le reste du vélo sera un peu en dents scie entre les périodes où je n’arrive pas à digérer et celle ou tout va bien.

Malgré tout je pose le vélo en étant bien, je dois être 92ème à la transition 2 je pars confiant pour la suite. Le but à ce moment là c’est de ne rien lâcher jusqu’au 25ème à pied. Après je savais que tout le monde marcherai plus ou moins vite dans le Gaustatoppen. C’est ce que j’ai pu faire. J’ai tenu ma place durant tout ces km même si à partir du 15ème je sens la fringale revenir petit à petit…

Je demande donc à Marie de m’accompagner sur les premiers km du col (du 25 au 32ème). On se fait doubler, mais à ce moment là je sais que je serai dans les 160 premiers qui auront le droit de monter au sommet. Passage au 32ème en 106ème position. Le directeur de course m’autorise à monter même si j’ai fait un peu peur au médecin à ce moment là. Elle a bien vu que j’étais dans le dur et pu très lucide. Je fais donc du 32ème au 37ème seul car Marie est partie checker nos sacs pour la dernière partie du marathon. Je retrouve des sensations, la pente est moins raide, je savais que le plus dur était derrière. Je retrouve marie au 37ème pour les 5 derniers km.

Et là on a pu savourer 🙂 . C’était super. On ne regarde plus le chrono ni la place, on savoure juste cet instant que l’on a attendu depuis si longtemps. On passe la ligne avec Marie 125 ème en 13h59. YES ! On a réussit. 🙂

Au sommet, pas grand chose, on nous donne une soupe et des couvertures. Si l’on veut plus il y a une petite boutique à côté 😀 . La descente ce fait dans un funiculaire pour moi et à pied pour les accompagnateurs (ce n’est pas de tout repos pour eux aussi cette journée ^^ ).

 

Je crois que c’était la première fois que je souffrais autant lors d’une course. Pourtant je pense que le Swissman a un parcours plus exigent encore que celui du Norseman. En été (surtout avec celui que l’on a eu en France cette année) le corps n’est pas habitué à de tels conditions. Je pense que j’aurais dû partir moins couvert en vélo, beaucoup plus m’alimenter pendant le premier col et m’habiller chaudement une fois en haut de celui ci.

Mais bon on ne refait pas la course et c’est peu être mieux ainsi. L’objectif a été atteint et j’en aurai vraiment bavé ! :p

 

Le lendemain

Le dimanche les athlètes avaient rendez-vous à Gaustablikk vers 11h pour la cérémonie des tee shirt. Un super moment où tout le monde est lié par la même aventure, le Norseman Xtrem triathlon.

Un grand merci à mes parents et beaux parents d’être venu en Norvège pour moi et plus spécialement à Marie qui m’a supporté pendant tous ces mois d’entraînements :p . Merci à Alain pour ses conseils et ses entraînements !

Merci aussi à tous ceux qui m’ont envoyé des messages de soutien. Ça m’a vraiment beaucoup touché. Vous êtes super !

Quelques photos de la course :

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Mon garmin connect et une vidéo en bonus pour ceux qui n’en ont pas eu assez :p :

 

 

p.s : Donnez-vous les moyens de vivre vos rêves, c’est juste génial 🙂